Mercredi 26 décembre 2007



Première édition : Paulo Ramand Editions, en 2006.

Deuxième édition : Editions Volpilière, paru le 15 mars 2009.

 

 

Illustration de Tony Buller : La route blanche


1 € par livre sera reversé à l'Association "ensemble C tout" :

http://www.ensemble-c-tout.org


 


Pour info:
1er combat mené en 2005 : chirurgie + radiothérapie
2e combat en cours en 2009 : chirurgie + chimiothérapie + radiothérapie + si affinités !

 

 


Témoignage sur le cancer du sein :

 
 
Lorsqu’on vous décèle une lésion, la terre se dérobe sous vos pieds. Vous tombez dans un abîme, une fatigue immense vous écrase au fond, vous empêchant de remonter à la surface.

 

La peur s'installe. La peur de l’inconnu, mais aussi la peur des conséquences de l’inconnu. 
Comment et où trouver la force de rester debout pour continuer la lutte ? 
 
Pour y parvenir, j’ai choisi de prendre du recul par rapports aux événements, de m'évader en pensée, pour mieux délirer. J'ai parcouru un chemin infini, dans mes souvenirs, dans ma vie, dans mes rêves.
 
J'aimerais partager ces moments avec vous.



  

Où se procurer le livre ?       

ISBN 978-2-917898079 : PV = 14 €
  • dans votre librairie (en général sur commande) 
  • via le site de l'éditrice : http://www.editionsvolpiliere.com/
  • auprès de l'auteur si vous souhaitez une dédicace : marie.ziglioli@gmail.com

 

 

 


Ce sont mes lecteurs qui en parlent le mieux :

 

  

Je ne pensais pas pouvoir rire d'un tel sujet ! Etonnant, bien écrit, facile à lire, drôle et émouvant, bravo ! Je serai désormais votre fidèle lecteur.

Cyril, instituteur

 

J'ai dévoré votre manuscrit en deux jours avec un plaisir réel, j'ai éprouvé de l'émotion mais aussi je me suis amusée de vos commentaires, de vos pensées si drôles parfois, tellement justes! Vous avez du talent et un grand sens de l'humour ; la lecture ne fut jamais ennuyeuse. 

Evelyne, rédactrice en chef


Bravo pour ce témoignage remarquable de justesse, de simplicité et d'émotion. Un livre absolument essentiel à lire et à faire lire autour de nous. On émeut, on rit car l'humour et la dérision désamorcent la gravité du sujet.
Jean François, médecin

Bravo pour votre courage et votre volonté, que vous avez su nous transmettre ! 

Laurène, assistante     


Ah ben, voilà ! Je viens de finir "La bestiole", lu dans la journée (j'ai mal au dos, je ne suis pas allé bosser (même pas honte. Interim, j'suis pas payé, alors... motus, j'assume.))
Mon impression ? Ah ah ! J'en connais une qui tremble (au moins à la première lecture de ce comm... gnyark gnyark gnyark !).
Excellent moment de lecture. Humour particulier, sympa, histoire racontée sans longueur, hyper-activité maitrisée, tout bien, quoi. J'aurais pu faire un tableau croisé mais ... non, ça le fait pas. Une liste planquée dans mon coffret à bijoux... Je suis un mec, je n'ai que ceux de famille et franchement, une liste punaisée à cet endroit-là, j'hésite.
Voilà. Je recommande ce livre à tous ceux qui ne connaissent rien au parcours oncologique (ça se dit ?) (et quand je dis "ceux", c'est parce que la grammaire s'est faite sans Marie, encore au Portugal, à cette époque... ça concerne donc les femmes aussi...)
Bisous et encore merci pour ce bon moment de lecture.

Alain Galindo, auteur


A la fois émouvante et drôle, votre histoire nous apprend un autre regard sur la vie.
Linda, infirmière

 
... de nombreuses lectrices vivant ce même combat disent que la lecture de ce livre leur a fait du bien et estiment qu'il devrait être remboursé par la Sécu !

 

 

 

 

Extraits :

 

Vendredi 2 décembre     (2005)


J’ai rendez-vous à 9 h, pour une mammographie, au centre de radiologie de mon quartier. Je vais encore avoir mal pour rien, comme d’habitude…

J’ai toujours trouvé cet examen douloureux, d’ailleurs il y a deux ans j’ai oublié volontairement que j’avais une ordonnance, je me suis dit qu’à 44 ans c’était trop tôt pour avoir un cancer !

La maladie, je ne connais pas. Si j’ai mal à la tête, je prends de l’aspirine. Si je suis fatiguée, je dors davantage. Quand on me parle de médecins, de maladies, de médicaments, je ne retiens jamais le nom des uns ni des autres, un peu comme si j’étais allergique à tout ça. Il faut dire que j’ai perdu mon père à l’âge de 4 ans, et ma mère à l’âge de 18 ans, tous deux morts de cancers… J’ignore quels cancers, je n’ai pas retenu. Pour ma mère, c’était lié à son ventre, alors je dis colon, foie, ou pancréas, le premier qui me vient à l’esprit… J’ai dû dire colon à ma gynéco de Lyon car elle me prescrit une mammographie tous les deux ans.

Donc je vais à mon rendez-vous.


En m’installant dans la salle d’attente, je souris à l’affiche qui parle de l’ostéoporose. La comédienne qui est en photo est un visage ami. J’ai travaillé durant deux ans sur le tournage d’une série où elle avait le rôle principal. Cela me fait très plaisir de la revoir. Si Manoëlle est là, dans cette salle d’attente, avec moi, c’est forcément bon signe…


Comme prévu, l’examen est assez douloureux car mes seins sont petits –quand je suis debout– et j’ai toujours du mal à les étaler entre les planches…

Verdict : Rien d’anormal.


Je le savais, je ne me sens pas malade du tout. Je suis en pleine forme. En plus, ma vie est belle, je nage dans le bonheur. J’ai un mari que j’aime et qui m’aime, enfin je crois -mais je ne mettrai pas ma main au feu pour éviter l’éventuelle brûlure-, deux grandes filles, je viens de démarrer une entreprise, bref tout va bien.

Puisque sur l’ordonnance, il y a écrit mammographie ET échographie, le radiologue me dit de passer dans la salle d’à côté, pour l’échographie.


Pendant l’examen, il appelle une collègue. Il a un doute, voit quelque chose de sombre. J’en profite pour regarder l’écran, je ne vois que du sombre. Mais je n’y comprends rien, je ne suis pas spécialiste. Donc j’attends, les seins à l’air. Bon, honnêtement, tout est relatif : je suis allongée, donc mes seins ont disparu dans mes côtes, on voit juste la pointe, dressée. Normal il fait froid dans cette pièce.


La collègue arrive, et ils recommencent : mieux étaler le gel, essuyer, rajouter du gel, plus à droite, moins à gauche, régler la machine, recommencer… Ils parlent d’horaire, trois heures et quart, ou trois heures vingt…

Bon ça va, s’il y a quelque chose, qu’ils le disent, on ne va pas y passer la journée non plus, j’ai un rendez-vous important, je ne peux pas rester là jusqu’à trois heures !


Le pire c’est de ne pas savoir. Ça commence à être long. Ils disent des mots qu’ils sont seuls à comprendre, comme s’ils avaient un dico différent du mien.

Je suis là, cobaye, ce n’est pas ce que je préfère.

Je décide de redevenir acteur de ma vie : « j’ai quoi » ?

Là, ils sont surpris, ils m’avaient oubliée… C’est confus la réponse ! En fait ils ne sont pas

sûrs, c’est peut-être rien, il faut faire une analyse de cellules pour en savoir plus.


Bon, je ne suis pas spécialiste, certes, mais je ne suis pas née d’hier. Mes deux parents sont morts de cancers, j’ai un cancer, c’est évident !

Sur le coup, cela ne me fait rien, l’important c’est de savoir.


Je me rhabille, tout en essayant d’entrer en contact avec mon moi intérieur, celui que je n’ai jamais écouté, mon corps… Et là je sens une fatigue m’envahir, grave la fatigue ! Comme si 46 ans de fatigue me tombaient dessus en même temps ! Je suis écrasée de fatigue, littéralement.

Je sors de la pièce, j’ai du mal à marcher. Je me traîne jusqu’au secrétariat pour avoir le rendez-vous suivant, pour la ponction de cellules.


Je sens mes joues humides. Je pleure ! Bon sang, je ne vais pas me mettre à pleurer devant tout le monde quand même. Je serai ridicule... Surtout que c’est peut-être rien. Mais voilà, mes larmes continuent, rien à faire, elles ne veulent pas s’arrêter. C’est idiot, tout mon maquillage va couler, je vais être moche, et j’ai un rendez-vous professionnel important à 11 heures avec un chef-cuisinier étoilé... Ce n’est vraiment pas le moment de me transformer en fontaine.


Le rendez-vous pour le prélèvement des cellules est pris pour le lundi 5. Je décide de rentrer chez moi, histoire de me calmer un peu. Il me reste une heure avant mon rendez-vous professionnel, je vais essayer d’améliorer l’état des joues et des yeux…


Quand même, cette histoire de tâche au sein, ça m’énerve. Je pensais que si je devais avoir un cancer ce serait au poumon… J’ai fumé pendant 20 ans. D’ailleurs j’ai arrêté il y a deux ans, pour éviter le cancer. Prudente. Je vais peut-être recommencer à fumer, si c’est le sein !

Parce que ça va limiter les risques du poumon, si j’ai déjà le sein.


Avoir un cancer du sein alors que je n’ai pas de seins, il faut le faire, aussi ! J’ai toujours été plate. Attention, cela ne me gêne pas d’être plate, au contraire, j’ai toujours fait des économies de soutifs. D’ailleurs j’ai toujours plaisanté autant que mes frères et sœur concernant l’absence de mes seins, c’est vous dire que ça ne me gêne pas. Je suis la seule dans la famille à ne pas en avoir, mais j’aime bien être différente….

J’en ai juste eu pour allaiter mes filles. Quand j’allaitais ma fille aînée, j’avais des seins énormes, je me cognais à chaque fois que je passais une porte, et je me cognais même avec mes bras. Comme s’ils avaient du mal à en faire le tour par manque d’habitude !

Quand je pense à tous ces soutifs que j’ai dû acheter tout au long de ma grossesse, un vrai budget !

Quand j’y pense… J’étais moche ! Vraiment moche. Mon mari aimait bien, cela le faisait rire. Il devait avoir l’impression de me tromper, avec moi.

 


Lundi 5 décembre


Je suis de nouveau allongée, la collègue toubib me refait une échographie, histoire de
vérifier s’ils n’étaient pas complètement ivres la fois précédente…

Non, c’est bien à trois heures et quart !


Je suis ravie de l’apprendre, mais c’est quoi cet horaire ? Alors elle m’explique. Mon sein droit, c’est une horloge, en haut c’est midi, en bas c’est six heures, à droite côté intérieur c’est trois heures et quart, la cellule qu’elle doit extraire se trouve là.

 

Elle a de l’imagination la toubib ! Ça me fait rire. Et mon rire la rassure. Elle est gentille, elle est très embêtée car elle va sûrement me faire mal, alors elle décide de me faire une petite anesthésie locale, pour que l’extraction de cellules soit moins douloureuse. Car l’embêtant, c’est qu’il n’y a pas trop de place entre mes côtes et mon téton. Ben non, c’est vrai, il n’y a pas de place… Et si je me mets debout ?

Non, non, il faut rester couchée.

Bon, tant pis pour elle !

 

...

 

 

Par Marie Ziglioli - Publié dans : Déjà publié
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